7 Psychopathes

7 psychopathes

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Marty est un scénariste hollywoodien en panne d’inspiration. Confronté à l’angoisse de la page blanche, il peine à écrire son nouveau projet de film au titre prometteur : 7 PSYCHOPATHES. Son meilleur ami Billy, comédien raté et kidnappeur de chiens à ses heures, décide de l’aider en mettant sur sa route de véritables criminels. Un gangster obsédé par l’idée de retrouver son Shih Tzu adoré, un mystérieux tueur masqué, un serial-killer à la retraite et d’autres psychopathes du même acabit vont alors très vite prouver à Marty que la réalité peut largement dépasser la fiction… – Allociné

Après nous avoir plongé dans l’atmosphère unique de Bruges avec ses tueurs à gages dans l’excellent Bons Baisers de Bruges,  Martin McDonagh revient avec 7 Psychopathes. J’avais beaucoup aimé son premier film alors j’attendais ce second long métrage avec envie mais malgré quelques qualités, le résultat n’est pas à la hauteur des mes espérances. Son scénario parait moins maitrisé que le précédent. Son personnage principal qui s’appelle Martin comme lui et qui est scénariste reflète tout à fait l’histoire. Ce personnage veut écrire un film mais a du mal a trouvé des idées, il se fait donc aider par des amis qui lui en donnent plein, bonnes, mauvaises voire même complètement déjantées. Ils arrivent tout de même à construire une histoire mais n’arrive pas à trouver une fin qui leur plait à tous. Au final son film est un joyeux bordel qui manque de liant pour que la mayonnaise prenne. C’est tout à fait cette impression que j’ai eu en voyant ce film, beaucoup de bonnes intentions, un humour et des personnages décalés mais une histoire qui malgré un bon début, se délite peu à peu. Peut-être trop de personnages dont certains ne servent pas vraiment à faire avancer l’histoire. Quand il y en a autant il faut qu’ils soient tous très bien écrits et qu’ils amènent tous quelque chose au récit et malheureusement ce n’est pas toujours le cas. Ça part trop dans tous les sens et certaines scènes paraissent inutiles. En fait le film aurait pu s’appeler 4 Psychopathes, ça aurait suffit. Derrière la caméra, McDonagh assure une mise en scène de qualité. Quelques beaux plans et une scène d’ouverture très réussie, peut-être la meilleure. Toutefois là aussi j’en attendais plus. Il avait réussi à faire de Bruges un personnage supplémentaire à son histoire mais ici on ne ressent pas l’importance des lieux et des décors. Le point positif est le casting qui porte le film. Colin Farrell, pour sa deuxième collaboration avec Martin McDonagh, est impeccable dans le rôle de Marty, scénariste irlandais et alcoolique. Billy, acteur, kidnappeur de chiens et ami de Marty est interpété par Sam Rockwell (La Ligne Verte), convaincant dans son rôle de psychopathe. Mais Christopher Walken tire son épingle du jeu dans le rôle de Hans, le troisième larron du trio. Walken amène à son personnage un décalage calme et classe contrairement à Rockwell qui s’agite et parle sans arrêt. Woody Harrelson est quant à lui Charlie, propriétaire du ShihTzu, criminel endurci mais ultra sensible quand il s’agit de son chien. Une prestation réussie pour lui aussi. 7 Psychopathes est un film aux bonnes intentions mais qui n’arrive malheureusement pas à les exploiter jusqu’au bout. A voir pour son côté décalé et ses acteurs.

Vinsanity

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Happiness Therapy

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La vie réserve parfois quelques surprises…
Pat Solatano a tout perdu : sa maison, son travail et sa femme. Il se retrouve même dans l’obligation d’emménager chez ses parents.
Malgré tout, Pat affiche un optimisme à toute épreuve et est déterminé à se reconstruire et à renouer avec son ex-femme.
Rapidement, il rencontre Tiffany, une jolie jeune femme ayant eu un parcours mouvementé. Tiffany se propose d’aider Pat à reconquérir sa femme, à condition qu’il lui rende un service en retour. Un lien inattendu commence à se former entre eux et, ensemble, ils vont essayer de reprendre en main leurs vies respectives. – Allociné

En général les comédies romantiques sont loin d’être ma tasse de thé. Mais il arrive de temps en temps que je me laisse surprendre et Happiness Therapy est tout à fait ça, une bonne surprise. Bien sur je ne suis pas allé voir ce film par hasard puisqu’il est quand même réalisé et scénarisé par David O. Russell, à qui on doit Fighter et Les rois du désert. Et puis le casting est pas mal du tout avec en tête Bradley Cooper et Jennifer Lawrence, deux nouvelles stars que tout Hollywood envie. A partir de là on se dit pourquoi pas, ça peut être pas mal et puis vient la période des festivals. Le film remporte le prix du public à Toronto et quand les nominations pleuvent aux Oscars, Golden Globes et autres, on se dit que ça vaut le coup d’aller voir par soi-même. Le résultat est convaincant et on ressort de la salle content de s’être déplacé. Le scénario qui se base sur le roman de Matthew Quick se démarque des autres films du genre. Bien sur on se doute de ce qui va se passer à la fin mais les personnages sont tous bien écrits, les principaux comme les secondaires, alors on se laisse entrainer dans leur quotidien et on veut savoir comment on va arriver à cette fin attendue. Pat est un doux-dingue et veut absolument recoller les morceaux avec sa femme mais il ne veut pas accepter sa situation. De son côté Tiffany accepte sa folie et va l’aider à en faire de même. Ce sont donc des personnages intéressants car bipolaires. Pour eux pas de langue de bois, on se dit tout que ça blesse ou non. Ça donne des scènes drôles mais aussi des scènes touchantes. C’est aussi ça la force du film, ne pas faire une simple comédie romantique mais jouer sur l’alternance entre humour et drame pour en faire une histoire réaliste. Les personnages secondaires sont eux aussi attachants. Ils sont censés être normaux mais au final ils sont autant barrés que notre duo de choc à commencer par le père de Pat, fondu de football américain au point d’avoir une superstition démesurée. A la réalisation, on retrouve chez David O. Russell ce qui a fait la réussite des films cités plus haut. On accroche tout de suite à ses personnages et il arrive à en créer un supplémentaire avec les Philadephia Eagles, équipe de foot américain qui revient dans la plupart des conversations. On ressent aussi ce côté déjanté vu dans Les rois du désert, notamment dans la scène à côté du stade avec les supporters. Côté casting c’est un sans faute. Le duo principal est parfait, on ressent bien l’alchimie entre Bradley Cooper et Jennifer Lawrence à travers leurs dialogues et leurs scènes de danse. Des prestations remarquées puisqu’ils sont tous les deux nommés aux Oscars et Lawrence à remporté le Golden Globe de meilleur actrice dans une comédie. Ils prouvent tous les deux qu’ils ne sont pas que des acteurs de blockbusters comme Very Bad Trip ou Hunger Games mais bien des acteurs talentueux. Les parents de Pat sont interprétés par Robert De Niro et Jackie Weaver. De Niro est revenu au top de sa forme dans son meilleur rôle depuis des années alors que les rôles de mère vont décidément très bien à Jackie Weaver après celui d’Animal Kingdom. Ils sont eux aussi nommés aux Oscars dans les catégories des seconds rôles, nomination qui vient plus de 20 ans après son rôle dans Les nerfs à vif pour De Niro. Enfin on a le plaisir de retrouver Chris Tucker qui se fait rare au cinéma ces dernières années. Après ses rôles marquants dans Le cinquième élément et dans la saga Rush Hour, il se glisse ici sous les traits de Danny, interné dans le même hôpital que Pat. La pluie de nominations ne s’arrêtent pas là pour les Oscars puisque outre les 4 acteurs, le long métrage est aussi nommé au meilleur film, meilleur scénario adapté et meilleur réalisateur. Soit le grand chelem des récompenses les plus importantes à qui on ajoute une nomination au meilleur montage pour un total de 8 nominations. Happiness Therapy est donc une comédie très sympa et très bien jouée qui vous plaira surement. A voir.

Vinsanity

La Couleur des sentiments

la couleur des sentiments

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Dans la petite ville de Jackson, Mississippi, durant les années 60, trois femmes que tout devait opposer vont nouer une incroyable amitié. Elles sont liées par un projet secret qui les met toutes en danger, l’écriture d’un livre qui remet en cause les conventions sociales les plus sensibles de leur époque. De cette alliance improbable va naître une solidarité extraordinaire. À travers leur engagement, chacune va trouver le courage de bouleverser l’ordre établi, et d’affronter tous les habitants de la ville qui refusent le vent du changement… – Allociné

La Couleur des sentiments, succès surprise de 2011 aux Etats-Unis, est un de ces films qu’on n’attend pas mais qui vous surprennent et c’est aussi ça la beauté du cinéma. Il est basé sur le roman du même nom écrit par Kathryn Stockett, lui aussi un grand succès en librairie. Tate Taylor, scénariste et réalisateur de cette adaptation, savait déjà qu’il voulait mener à bout ce projet avant même la sortie de livre. En effet Taylor et Stockett sont amis depuis leur enfance et ont vécu au Mississippi, lieu du récit. Ils se sont donc soutenus mutuellement dans un premier temps pour faire publier le roman puis pour en obtenir les droits pour en faire un film. Taylor était alors la personne la mieux placée pour adapter cette histoire. Cette dernière est réellement touchante car elle dénonce le racisme des blancs envers les afro-américains qui étaient très marqué à cette époque, surtout dans cette région des USA. Contrairement à Mississippi Burning qui traitait aussi ce sujet par le biais d’une enquête policière, La Couleur des sentiments mise sur l’émotion de cette histoire humaine. Skeeter, une jeune journaliste blanche, voit comment les bonnes noires sont traitées et décident d’en écrire un livre. Elle va donc demander à Aibileen et Minny, toutes deux employée par des amies, de lui raconter leurs histoires. Cela nous donne un très bon scénario. A la réalisation Tate Taylor assure une bonne mise en scène qui est admirablement aidée par les décors, les costumes et la lumière. L’équipe de tournage a posé ses valises dans le Mississppi  pour y tourner plus de 90% des scènes et il en ressort une authenticité qui apporte un plus au film. Les décorateurs et costumiers ont eux permis une reconstitution la plus fidèle possible des années 1960. Outre l’histoire, la deuxième force de ce long métrage est son casting. C’est rare de voir un film avec que des personnages féminins dans les rôles principaux. Le trio principal Skeeter-Aibileen-Minny est interprété respectivement par Emma Stone, Viola Davis et Octavia Spencer. La première, nouvelle starlette hollywoodienne après Crazy Stupid Love et The Amazing Spiderman, est donc habituée aux premiers rôles et assure une prestation impeccable. Mais il faut féliciter ses deux camarades qui sont des habitués des seconds rôles et qui trouvent ici des personnages forts. Elles sont toutes les deux excellentes et Octavia Spencer a décroché l’Oscar, le Golden Globe et le BAFTA de la meilleure actrice dans un second rôle. L’amitié qui unit leurs deux personnages traverse l’écran. Elles sont accompagnées par Jessica Chastain  qui joue Celia, une jeune femme dépassée et un peu niaise. Bryce Dallas Howard interprète Hilly, maitresse de Minny et femme mauvaise et méchante et qui ne s’en rend même pas compte du mal qu’elle fait et dit. La Couleur des sentiments est un film sympa, touchant et bien joué. A voir

Vinsanity

Les Fils de l’homme

Les Fils De L'homme

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Dans une société futuriste où les êtres humains ne parviennent plus à se reproduire, l’annonce de la mort de la plus jeune personne, âgée de 18 ans, met la population en émoi. Au même moment, une femme tombe enceinte – un fait qui ne s’est pas produit depuis une vingtaine d’années – et devient par la même occasion la personne la plus enviée et la plus recherchée de la Terre. Un homme est chargé de sa protection… – Allociné

Les Fils de l’homme est une claque comme on en prend rarement. Un film tellement viscéral et intense, c’est époustouflant. Et on doit ce petit bijou à Alfonso Cuaron, scénariste et réalisateur de ce long métrage et surtout connu pour avoir été aux commandes d’Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban. Ici pas de limites dictées par les producteurs de blockbuster mais belle et bien une créativité et une vraie patte de metteur en scène. Son histoire se base sur le roman éponyme écrit par P.D James et fait figure d’excellent postulat de départ. Une société futuriste devenue infertile  et où le désespoir règne mais qui se différencie des autres films de science-fiction. Pas de nouvelles technologies révolutionnaires mais un réalisme incroyable. Et surtout un chaos ambiant, des groupes terroristes qui affrontent le gouvernement, des immigrés clandestins mis en cage. Un monde impressionnant que l’on arpente avec Théo, le protecteur de la première femme enceinte depuis presque vingt ans nommée Kee. Le scénario est donc déjà très alléchant et puis vient la réalisation de Cuaron, incroyable de mouvements, de réalisme et d’immersion. Un travail de virtuose. Une très grande partie des scènes sont tournées caméra à l’épaule et en plan-séquence dont 2 qui vous marqueront à coup sur durant entre 3 et 6 minutes. Quelques soient leur durée et leur contenu, ils sont tous d’une maitrise exceptionnelle. Mouvements des personnages, mouvements de caméra, dialogues ou scènes d’action, tout y passe et nous donne une impression d’immersion bluffante. Un travail de mise en scène rarement vu, chapeau Alfonso Cuaron. Les décors et la photographie sont eux aussi à souligner. On nous plonge dans un Londres percutant de dureté ainsi que dans des camps de réfugiés complètement dévastés. Quant aux acteurs, ils livrent tous de très belles performances. En tête de file Clive Owen (Inside Man, Sin City) est parfait dans le rôle Théo. Ce personnage représente tout à fait le monde dans lequel il vit, il a perdu espoir en la vie mais sa rencontre avec Kee va lui en redonner. Cet acteur a un vrai charisme et dégage une force tout à fait adaptée à son rôle de protecteur. Kee est interprétée par Claire-Hope Ashitey de très belle manière et sa relation avec Théo est bouleversante. Les seconds rôles sont brillants à commencer par Julianne Moore (Crazy Stupid Love) et Michael Caine (Le Prestige, The Dark Knight, Inception) qui jouent l’ex-femme de Nick et leader d’un groupe terroriste pour la première et Jasper, un papy cultivateur de marijuana, ami de Nick pour le second. Ils sont accompagnés par Chiwetel Ejiofor (American Gangster, Inside Man) et Charlie Hunnam (Hooligans) qui interprètent des membres d’un groupe terroriste. Les Fils de l’homme est un film époustouflant à ne surtout par rater!

Vinsanity

Thank you for smoking

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Lobbyiste séduisant et ambitieux, Nick Naylor met son charme, son talent et son sourire carnassier au service de la société Big Tobacco pour contrer les ravages de la politique de prévention contre le tabagisme.
De conférence de presse en talk-show télévisé, il défend l’indéfendable, mais a du mal à convaincre son ex-femme qu¹il peut être un père modèle pour son fils. – Allociné

Thank you for smoking est le premier long métrage de Jason Reitman qui s’est révélé par la suite au grand public grâce à Juno et In the air. Ce film est adapté de la nouvelle du même nom écrite par Christopher Buckley et nous parle du tabagisme et du lobbying, le tout avec un ton léger qui est sa vraie force. En effet le tabagisme et toutes ses conséquences sur notre santé est un sujet difficile et mettre en scène quelqu’un qui le défend ça peut surprendre. Mais détrompez-vous, c’est pour mieux en faire l’auto-critique. Buckley nous a donc donné une histoire intelligemment écrite qu’a très bien adapté Reitman, auteur du scénario. Quant à sa réalisation, elle montre déjà les prémices de ce qu’il fera par la suites avec les deux succès cités auparavant. Il arrive à chaque fois à donner à ses films un ton léger et marrant tout en semblant au plus proche de la réalité. On s’attache à ses personnages. Nick Naylor est déconnecté de la réalité de par son métier et détester des membres de la lutte anti-tabac. Pour accentuer cette impression on voit Nick, qui est donc représentant des firmes de tabac, déjeuner avec une représentante des fabricants d’alcool et un représentant des fabricants d’armes. Soient les trois pires choses à défendre. Ce personnage peut être comparé à celui de Clooney dans In the air, lui aussi déconnecté à cause de ces nombreux trajets en avion et détesté par les employés qu’il est chargé de virer. Mais dans les deux cas ils leur restent un petit lien avec la vie normale et c’est ce lien qui tient le film. Ici Nick a un fils nommé Joey alors que Clooney est accompagné d’une nouvelle dans le métier interprétée par Anna Kendrick. Au premier abord ces personnages ont l’air très loin de nous mais on s’attache à eux quand même pour finalement les trouver tout à fait réalistes. Devant la caméra, on retrouve Aaron Eckhart (The Dark Knight, Erin Brockovich) qui est impeccable dans le rôle de Nick Naylor. Il a la tête parfaite pour son rôle, beau gosse et beau parleur pour défendre l’indéfendable.  En prime il y a une belle alchimie entre lui et Cameron Bright qui joue son fils Joey. Il sont accompagnés par une belle poignée d’acteurs dans les seconds rôles, tous séduits par ce projet de film. Maria Bello (A History of Violence) et David Koecher interprètent les représentants de l’alcool et des armes, Katie Holmes (Batman Begins) est une journaliste, William H. Macy (Fargo) joue un sénateur contre le tabac alors que Robert Duvall (Le Parrain, Jack Reacher) et JK Simmons (Oz, Juno) se glissent sous les traits des supérieurs de Nick. Thank you for smoking est film sympa qui arrive à traiter un sujet grave sur un ton léger, un bon divertissement.

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Zero Dark Thirty

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Le récit de la traque d’Oussama Ben Laden par une unité des forces spéciales américaines… – Allociné

Zero Dark Thirty marque le retour de Kathryn Bigelow et de son scénariste Mark Boal après l’oscarisé Démineurs. Ils nous replongent dans la guerre au Moyen-Orient mais cette fois-ci l’histoire est réelle puisqu’elle concerne la traque de Ben Laden pendant une décennie. Le duo avait déjà en tête de faire un film sur cette traque et le projet était même lancé: recherche d’infos et écriture du script mais la mort de Ben Laden les a obligé à changer leur plan. Aussitôt Mark Boal s’est remis à chercher des infos pour nous donner un scénario au plus proche des faits réels. La traque commence donc à partir des attentats du 11 septembre 2001 pour nous amener au 1er mai 2011, jour de l’assaut sur le domicile de Ben Laden. On suit cette enquête avec Maya, agent de la CIA et jeune femme brillante qui se donne à fond dans son boulot. Personnage ayant réellement existé d’après les sources de Boal. C’est d’ailleurs paradoxal que ce soit une femme qui soit à l’origine de la chute de l’ennemi public n°1 quand on connait la place des femmes chez les extrémistes musulmans. Cette histoire est donc très intéressante, tout le monde veut connaitre les moindres détails de cette intervention, comment a-t-on fait pour le trouver? Le risque est de parler de ces évènements si tôt après les faits ainsi que retracer dix ans d’enquête en 2h30. L’histoire est composée de plusieurs parties, l’investigation commence puis on fait un saut dans le temps pour se retrouver deux ans plus tard puis un an de plus etc… Bien sur on suit un fil conducteur mais il ressort une impression de manque d’immersion par moment. Néanmoins la qualité du scénario fait figure de base solide à ce long métrage et on peut féliciter Mark Boal déjà oscarisé pour Démineurs et à nouveau nommé. Toutefois il a suscité une polémique aux États-Unis concernant les scènes de torture. Les détracteurs feraient mieux de se poser des questions sur ceux qui ont autorisé ces méthodes plutôt que sur un film qui ne fait que montrer la réalité des évènements. Kathryn Bigelow, oscarisée elle aussi pour son travail sur Démineurs, nous prouve encore qu’elle sait filmer la guerre au Moyen-Orient avec talent. Petit bémol tout de même, le rendu est moins immersif qu’espéré. Malgré un casting de talent, on n’arrive pas réellement à s’accrocher aux personnages qu’elle filme. Elle installe une distance avec nous qui, au cours des 2h30, peut perdre notre intérêt. J’aurai également souhaité un peu plus de suspens. La réussite de son travail est surtout illustré par les 40 dernières minutes du film à savoir l’assaut des forces spéciales, dernière partie très réussie. Devant sa caméra on retrouve Jessica Chastain, actrice très en vue en ce moment arpès notamment The Tree of Life, Take Shlelter et Des hommes sans loi. Elle interprète Maya avec justesse et porte le film sur ses épaules. Sa prestation a été honorée d’un Golden Globe de meilleur actrice dans un drame. Elle est accompagné par un ensemble d’acteurs tous talentueux. Jason Clark (Des hommes sans loi, Public Enemies), Mark Strong (Mensonges d’état, Kick-Ass), Kyle Chandler (Friday Night Lights) et Harold Perrineau (Oz, Lost) interprètent des agents de la CIA alors que Joel Edgerton (Animal Kingdom, Warrior) se glisse sous les traits d’un militaire des forces spéciales. Malgré une petite déception, Zero Dark Thirty reste un bon thriller d’espionnage basé sur un scénario qui interpelle forcément. A voir.

Vinsanity

Erin Brockovich

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Mère élevant seule ses trois enfants, Erin Brockovich n’avait vraiment pas besoin d’un accident de voiture. D’autant que le responsable sort du tribunal financièrement indemne. Obligée de trouver rapidement un travail pour couvrir tous ses frais medicaux et de justice, Erin obtient de son avocat de l’employer comme archiviste dans son cabinet. Son allure et son franc-parler ne lui valent pas des débuts faciles mais elle apprend vite. En classant des documents, Erin déterre une affaire louche d’empoisonnement et décide de se jeter dans la bataille. – Allociné

Erin Brockovich est le genre de film qui nous raconte des histoires qui vont bien au-delà de la fiction puisqu’elles sont vraies. La force de son long métrage est donc son scénario excellent. L’histoire de cette femme divorcée, mère de trois enfants et qui n’a aucun diplôme mais qui se bat pour s’en sortir. En plus de son combat personnel et elle va en plus en mener un deuxième pour dénoncer à quel point les riches entreprises peuvent abuser de leurs pouvoirs au détriment des gens qui vivent aux abords de leurs usines, devenus malades par les rejets toxiques. Cette histoire est tellement incroyable qu’on pourrait la croire tout droit tiré de l’imagination d’un scénariste. Mais non cette femme à belle et bien exister, chapeau à elle pour son courage et sa ténacité. Steven Soderbergh est aux commandes et il livre un travail remarquable qui a d’ailleurs été reconnu par des nomination aux Oscars et Golden Globes. Sa mise en scène est bien équilibrée puisqu’il jongle très bien entre touches d’humour et moments plus durs qui évoquent les maladies des victimes. Pour ce film dont l’interprétation des acteurs est primordiale, le choix du duo Erin Brockovich-Ed Masry, son avocat puis patron, est parfait. Julia Roberts porte le film avec une présence incroyable. Elle est exceptionnelle dans son rôle de mère au tempérament haut en couleurs. Elle maitrise ses dialogues notamment quelques tirades marquantes ainsi que ses échanges avec Ed. Il n’y a que trop peu de rôles féminins de cette trempe au cinéma et c’est bien dommage quand on voit ce que ça peut donner. Julia Roberts, dont la prestation a été récompensée par un Oscar et un Golden Globe de meilleur actrice bien mérités, est une actrice de grand talent a qui on ne donne pas assez souvent l’occasion de l’exprimer. Ce rôle est donc son dernier vrai grand rôle depuis maintenant plus de dix ans, et ça aussi c’est dommage. Elle est accompagné par Albert Finney (Skyfall, Jason Bourne:l’héritage) lui aussi impeccable sous les traits d’Ed Masry. Avocat d’abord peu compréhensif envers Erin pour peu à peu se lier à elle. Finney à lui aussi été nommé aux Oscars et Golden Globes dans la catégorie second rôle. La relation entre les deux personnages et la complicité entre les deux acteurs crèvent l’écran. Aaron Eckhart (The Dark Knight) complète le casting en interprétant le petit ami biker et compréhensif d’Erin. Erin Brockovich est donc un très bon film porté par une histoire et des acteurs excellents. A voir sans hésiter.

Vinsanity