The Place Beyond the Pines

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Cascadeur à moto, Luke est réputé pour son spectaculaire numéro du «globe de la mort». Quand son spectacle itinérant revient à Schenectady, dans l’État de New York, il découvre que Romina, avec qui il avait eu une aventure, vient de donner naissance à son fils… Pour subvenir aux besoins de ceux qui sont désormais sa famille, Luke quitte le spectacle et commet une série de braquages. Chaque fois, ses talents de pilote hors pair lui permettent de s’échapper. Mais Luke va bientôt croiser la route d’un policier ambitieux, Avery Cross, décidé à s’élever rapidement dans sa hiérarchie gangrenée par la corruption. Quinze ans plus tard, le fils de Luke et celui d’Avery se retrouvent face à face, hantés par un passé mystérieux dont ils sont loin de tout savoir… – Allociné

Derek Cianfrance est un jeune metteur en scène qui n’est pas connu du grand public mais qui gagne à le devenir. Trois ans après Blue Valentine, salué par la critique et qui dépeignait la dérive d’un couple au fil des ans, il retrouve Ryan Gosling dans son nouveau film The Place Beyond the Pines. Une fois encore il en signe le scénario et il le fait brillamment. Tout d’abord dans son fond avec cette histoire de cascadeur braqueur qui fait face à un policier ambitieux. Ensuite par sa forme puisqu’il a fait le choix d’étendre son récit sur quinze ans et de le découper en trois parties. La première se focalise sur le personnage du cascadeur Luke, puis la deuxième est centrée sur Avery le flic. Enfin une troisième partie est consacrée aux enfants de ces derniers. Trois chapitres différents, chacun pourrait donner un film à part entière mais ils sont mis au service d’une plus grande histoire qui permet d’évoquer la transmission, l’héritage mais aussi de nous questionner sur ce qu’est un héros. Est-ce un père prêt à tout pour subvenir aux besoins de son fils? Où est-ce un flic qui arrête les criminels? Un scénario qui change de personnage principal deux fois dans le film, c’est ambitieux et risqué mais il est tellement soigné que tout s’enchaine parfaitement.

La première partie autour du personnage de Ryan Gosling, Luke, est en elle-même un chef d’œuvre. La réalisation, les acteurs et l’atmosphère qui s’en dégage, tout est excellent. La scène d’ouverture vous met tout de suite dans l’ambiance avec un long plan-séquence où l’on suit Luke à travers la fête foraine jusqu’au chapiteau de son spectacle. Les cinquante minutes suivantes sont que du bonheur. Ryan Gosling est une nouvelle fois éblouissant dans ce rôle qui se rapproche de celui qu’il avait dans Drive, personnage sombre, en retenu dont on sent la rage qui sommeille en lui. Il y a chez lui un côté mystique, magnétisant. Et Derek Cianfrance le filme avec autant de virtuosité que Nicolas Winding Refn. Il le sacralise pour notre grand plaisir. Mais il n’en oublie pas le reste pour autant avec des scènes de braquages et de course-poursuite on ne peut plus immersives. Gosling est épaulé par Eva Mendes qui se glisse sous les traits de Romina, la mère de son enfant. Elle livre elle aussi une prestation remarquable dans ce qui est surement le meilleur rôle de sa carrière à ce jour. Ici on ne joue pas sur sa beauté, pas de maquillage ou de vêtements mettant sa plastique en valeur, mais ça lui permet d’exprimer ses talents d’actrices. On retrouve également Ben Mendelsohn dans le rôle de Robin, accolyte de Luke. Un acteur qui commence à faire son trou et a qui va décidément très bien les personnages un peu crasseux après Animal Kingdom et Cogan.

S’en suit une deuxième partie de quarante-cinq minutes centrée sur le flic Avery Cross (Bradley Cooper). Cianfrance joue des mêmes ficelles de mise en scène mais les premières minutes sont un peu difficiles car Cooper, aussi talentueux soit-il, n’a pas le charisme de Gosling et on s’est tellement attaché à ce dernier qu’il nous faut un petit temps pour se réadapter. Si on devait désigner une partie sur les trois qui est un peu en dessous, ça serait celle-ci. Néanmoins elle est quand même très bien avec un Bradley Cooper qui confirme sa bonne prestation dans Happiness Therapy et qui démontre qu’il n’est pas qu’un acteur de comédie. Egalement à l’écran dans ce deuxième chapitre, Rose Byrne (X-Men:Le Commencement) qui interprète sa femme mais aussi Ray Liotta, efficace dans son rôle de flic verreux.

Enfin, la troisième et dernière partie vient remettre un coup d’accélérateur au long métrage avec les deux fils, mais surtout avec celui de Luke, Jason. A 15 ans il cherche à savoir qui il est et sa recherche passe forcément par son père. Il est joué par Dane DeHaan, révélé par Chronicle puis revu dans Des Hommes sans loi. Il confirme qu’il faut avoir un œil sur lui pour l’avenir. Le fils d’Avery, AJ Cross, est joué par Emory Cohen mais tout comme Cooper n’arrivant pas au niveau de Gosling, il est en-dessous de DeHaan dans le jeu.

La succession des trois chapitres donne un film puissant et captivant qui mêle le thriller et le drame. Derek Cianfrance maitrise de bout en bout sa mise en scène et arrive a donné à son œuvre une authenticité époustouflante. Il lui insuffle une atmosphère pesante grâce à un rythme parfait. Il laisse le temps à son histoire et à ses personnages de s’installer et joue avec les silences avec justesse. Il arrive aussi à faire planer sur le film entier Ryan Gosling et son personnage pourtant présent moins de la moitié du temps. Une mise en scène remarquable sublimée par la musique de Mike Patton. On se dit que la relève est assurée des deux côtés de la caméra avec Cianfrance qui s’impose parmi les jeunes cinéastes à suivre de très près et cette belle brochette d’acteurs.

The Place Beyond the Pines est un de ces films qui nous rappelle pourquoi on aime le cinéma, un grand film qui vous prend pour ne plus vous lâcher et qui reste avec vous bien au-delà des portes de la salle de ciné. A ne surtout pas manquer !

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Le Monde fantastique d’Oz

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Lorsque Oscar Diggs, un petit magicien de cirque sans envergure à la moralité douteuse, est emporté à bord de sa montgolfière depuis le Kansas poussiéreux jusqu’à l’extravagant Pays d’Oz, il y voit la chance de sa vie. Tout semble tellement possible dans cet endroit stupéfiant composé de paysages luxuriants, de peuples étonnants et de créatures singulières ! Même la fortune et la gloire ! Celles-ci semblent d’autant plus simples à acquérir qu’il peut facilement se faire passer pour le grand magicien dont tout le monde espère la venue. Seules trois sorcières, Théodora, Evanora et Glinda semblent réellement douter de ses compétences…
Grâce à ses talents d’illusionniste, à son ingéniosité et à une touche de sorcellerie, Oscar va très vite se retrouver impliqué malgré lui dans les problèmes qu’affrontent Oz et ses habitants. Qui sait désormais si un destin hors du commun ne l’attend pas au bout de la route ? – Allociné

Le Monde fantastique d’Oz est adapté du roman culte de Franck Baum Le Magicien d’Oz, déjà adapté au cinéma en 1939 par Victor Fleming, film considéré comme un grand classique du cinéma. Ce nouveau long métrage nous raconte ce qu’il s’est passé avant et répond à la question suivante: Comment Oscar, surnommé Oz, est devenu le grand Magicien d’Oz? Sur le papier cette idée semble très risquée. Remettre à l’écran un monde que tant de gens connaissent sans en faire une pâle copie sans intérêt. Aujourd’hui tout est matière à être adapté sur grand écran, à être développé en suite ou en préquel comme c’est le cas ici. Ce n’est pas toujours de grandes réussites mais les studios Disney se sont lancés ce défi après le succès qu’ils ont rencontré avec l’adaptation d’Alice au pays des merveilles de Tim Burton en 2010. Deux mondes imaginaires qui se ressemblent. Heureusement ils ont mis aux commandes de ce projet difficile un metteur en scène talentueux en la personne de Sam Raimi, réalisateur des trilogies Evil Dead et SpiderMan. Les comtes pour enfants ne sont donc pas vraiment son domaine de prédilection mais sa passion pour l’œuvre de Baum est assez grande pour le motiver à la mettre en valeur tout en la respectant. Personnellement je n’ai ni lu les livres ni vu le film de 1939. Mon avis n’est donc pas aussi complet qu’il pourrait l’être en l’absence de comparaison. Toutefois je trouve l’idée de vouloir nous montrer comment Oz est devenu le Magicien très intéressante. Le scénario mise sur l’évolution de ce personnage pour nous embarquer et c’est réussi quelque soit l’âge du spectateur. Il est grand public et c’est ça la force de son histoire, elle touche tout le monde. On peut tout de même regretter son côté trop gentillet par moment mais l’ensemble est plutôt pas mal. Pour ce qui est de la mise en scène, Sam Raimi a fait un travail brillant pour recréer ce monde extraordinaire. Visuellement tout est très beau avec beaucoup de couleurs. Il s’est bien entouré puisque le chef décorateur n’est autre que Robert Stromberg, doublement oscarisé pour son travail sur Avatar et Alice au pays des merveilles. Malgré une discorde concernant les droits des œuvres précédentes ne permettant pas à Raimi d’avoir tous les personnages de l’histoire (l’homme de fer, le lion et l’épouvantail ne sont pas là), il s’en sort admirablement en mettant en valeur ceux qu’il a. Le singe ailé Finley et la poupée de porcelaine sont bluffants grâce aux images de synthèse tout comme le reste de ce vaste pays qui saura vous épater. Mais avant de découvrir la cité d’Émeraude, le monde d’Oz et ses chemins de pavés jaunes, Rami à fait le choix de démarrer son film dans le Kansas, en noir et blanc. C’est ici que l’on fait la connaissance d’Oscar, qu’on le voit tel qu’il est: cupide, égoïste, coureur de jupons, menteur et prétentieux. Ces vingt premières minutes sont importantes pour mieux que l’on se rende compte de l’évolution d’Oscar au fil de l’histoire et de ses rencontres avec Finley, les trois sorcières et le peuple du monde d’Oz. Devant sa caméra il retrouve James Franco après leurs collaborations sur les trois SpiderMan. Il interprète Oscar avec justesse et prouve qu’il est un acteur polyvalent. Il peut jouer dans des blockbusters ou des films plus intimistes, des comédies ou des drames. D’après Sam Raimi, sa carrière est à l’image de son personnage. Il a commencé en étant un acteur renfermé puis il a évolué, s’est ouvert aux autres pour aujourd’hui être un artiste complet. En effet Franco est auteur, poète, réalisateur et même professeur. Il est accompagné par les séduisantes Mila Kunis, Rachel Weisz et Michelle Williams respectivement dans les rôles de Theodora, Evanora et Glinda. Zach Braff et Joey King se glissent sous les traits de Finley et de la poupée de porcelaine. Quant à la musique, on la doit à Danny Elfman, compositeur des trois Men In Black, des trois SpiderMan de Raimi mais aussi de la majorité des films de Tim Burton. En résumé Le Monde fantastique d’Oz n’est pas un grand film mais reste un bel hommage à l’œuvre de Baum. Un film sympa et divertissant. A voir.

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Cloud Atlas

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À travers une histoire qui se déroule sur cinq siècles dans plusieurs espaces temps, des êtres se croisent et se retrouvent d’une vie à l’autre, naissant et renaissant successivement… Tandis que leurs décisions ont des conséquences sur leur parcours, dans le passé, le présent et l’avenir lointain, un tueur devient un héros et un seul acte de générosité suffit à entraîner des répercussions pendant plusieurs siècles et à provoquer une révolution. Tout, absolument tout, est lié. – Allociné

Cloud Atlas marque le vrai retour des Wachowski à la réalisation depuis la trilogie culte Matrix. Je dis « vrai retour » car il y a bien eu Speed Racer en 2008 mais il vaut mieux oublier cet échec. Heureusement ils ont quand même fait quelque chose de bien pendant ces dix dernières années avec V pour Vendetta qu’ils ont écrit et produit. Cette fois-ci ils se sont offerts les services d’un troisième larron en la personne de Tom Tykwer (L’Enquête:The International, Le Parfum) pour une réalisation à trois, fait rare. Mais on peut comprendre ce choix tant l’ambition de ce projet est grande. Leur objectif: adapter le roman de David Mitchell paru en France sous le titre de Cartographie des nuages. Ce récit regroupe six histoires qui se déroulent dans six époques différentes allant de 1849 à 2321. Elles peuvent sembler déconnectées les unes des autres mais il y a bien un lien qui les unit, un lien qui nous montre que les choix que nous faisons peuvent avoir une grande importance même des années plus tard, à l’autre bout du monde. Le trio de réalisateur signe aussi le scénario et on peut dire qu’ils ont réussi leur coup car la tâche n’était pas évidente avec tous ces personnages et histoires qu’il faut réussir à lier. Malheureusement je trouve qu’il y a un déséquilibre qui fait que je ne me suis pas autant intéressé à chaque partie avec le même intérêt. Pour la mise en scène les Wachowski sont en charge de trois époques d’un côté et de l’autre Tom Tykwer s’occupent des trois restantes. On arrive à deviner qui a fait quelle partie mais l’ensemble est très convaincant. Les créateurs de Matrix dirigent les histoires basées en 1849, 2144 (pour moi la plus réussie du long métrage) et 2321 alors que Tykwer est à la manœuvre sur celles de 1936, 1973 et 2012. Visuellement le pari est tenu. Les Wachowski arrivent à donner plus d’ampleur à leurs parties, des images plus grandioses avec une grande majorité de scènes en extérieur. Mais Tom Tykwer n’est pas en reste même si son travail saute moins au yeux. Pas de grands espaces à filmer mais des scènes en intérieur qu’il maitrise, surtout l’histoire de 1936, sa plus belle. Concernant leur contenu, il y a une certaine inégalité. A chacun de se faire son avis mais personnellement je trouve que 2144 et 1936 sont au-dessus des autres. Le Néo-Séoul de 2144 est l’époque que je préfère pour son visuel futuriste brillant, ses personnages et ce qui s’y déroule. Je vous laisse juger par vous-même pour le reste, certains choix sont discutables. Une fois toutes ces histoires constituées, la difficulté est le montage. Comment les entrecouper pour attiser l’intérêt du spectateur tout en ne lui faisant pas oublier ce qu’il a vu avant quand il reprend le cours d’un d’entre elles? Le suspens réside sur ces choix de montage et le résultat est concluant. On change souvent d’histoire pour y rester cinq minutes puis à nouveau basculer vers une autre puis une autre et ainsi de suite. Même s’il faut un petit temps au début du film pour s’y faire, on arrive ensuite à suivre chaque personnage et chaque histoire. Les réalisateurs ont fait le choix de faire jouer à leurs acteurs plusieurs personnages, un dans chaque époque. Certains sont même présents six fois sous des traits différents. Un gros travail de maquillage a été fait au point qu’on a parfois du mal à reconnaitre certains acteurs. On retrouve donc un casting de choix avec en tête Tom Hanks, Halle Berry et Hugh Grant, des acteurs qu’on ne présente plus. Mais ils sont accompagnés par d’autres talents moins connus du grand public tels que Ben Wishaw vu récemment en agent Q dans  Skyfall, Hugo Weaving qui retrouve les Wachowski après son rôle de l’agent Smith dans Matrix, mais aussi Jim Sturgess, Jim Broadbent ou encore Doona Bae, actrice sud-coréenne reconnue dans son pays. Leurs performances sont difficiles à juger d’une manière globale puisque tous leurs personnages sont plus ou moins réussi mais ils livrent tous de bonnes prestations. Je donnerai tout de même une longueur d’avance à Doona Bae qui tient brillamment le rôle principal de la partie 2144, une actrice que je découvre. Cloud Atlas est un film ambitieux à la forme inhabituelle. Malgré des inégalités, l’ensemble est plutôt réussi. Je comprends que certains adorent alors que d’autres n’accrochent pas mais c’est un film unique en son genre qui vaut le détour rien que pour vous faire sa propre opinion. A voir!

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Spring Breakers

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Pour financer leur Spring Break, quatre filles aussi fauchées que sexy décident de braquer un fast-food. Et ce n’est que le début… Lors d’une fête dans une chambre de motel, la soirée dérape et les filles sont embarquées par la police. En bikini et avec une gueule de bois d’enfer, elles se retrouvent devant le juge, mais contre toute attente leur caution est payée par Alien, un malfrat local qui les prend sous son aile… – Allociné

Dans un premier temps je ne pensais pas aller voir Spring Breakers mais dans une semaine sans autre sortie intéressante, je me suis finalement laissé tenter par les critiques plutôt bonnes de la presse. Verdict: j’aurai dû me fier à ma première idée car je me suis vraiment ennuyé devant ce film. Il dure seulement 1h30 mais j’ai eu l’impression qu’il n’allait jamais finir. Certes il y a de la recherche et de l’originalité dans la mise en scène, mais le propos et les personnages ne sont vraiment pas intéressants. Harmony Korine est à la manœuvre, scénario et réalisation, et il n’arrive pas à nous emporter avec lui dans ce qui semble être pour lui quelque chose qui le fascine: les fameux spring break américains et leurs excès. Il expose des faits mais n’expose pas de point de vue, on ne sait donc pas où il veut nous emmener. Ses personnages ne sont pas assez approfondi, à part leur plastique les quatre filles ne nous intéressent pas et le personnage d’Alien est mal exploité. Du côté de sa mise en scène, il a fait le choix de monter son long métrage comme un clip de rap. Les mêmes éléments (filles en bikini, argent, armes, alcool et drogues) mais aussi la même forme avec beaucoup d’images. Des scènes de vrais spring break entrecoupées avec celles des quatre héroïnes le tout porté par de la musique. Cette forme est originale mais je n’ai pas du tout accroché. Je trouve cette façon de monter inapproprié pour un film et en plus Korine fait le choix de nous montrer de temps en temps de façon brève une image qui nous laisse entrevoir la suite du récit et donc de perdre l’effet de surprise. Au niveau des dialogues, il joue aussi sur la différence mais ça ne marche pas non plus. Trop de voix off, des phrases qu’on entend deux fois de suite, tout ça n’apporte rien. Quand enfin il nous montre des dialogues de façon traditionnelle, ils sont à l’images de ceux qui les disent: inintéressants. Il y a tout de même du positif noyé dans tout ça: premièrement la photo qui est assurée par le chef opérateur de Gaspar Noé et qui a donc un style unique, plein de couleur fluo, parfaite pour le propos. La deuxième chose est la scène du braquage du fast-food par les filles pour avoir l’argent nécessaire pour partir. C’est la scène la plus réussie du film, on est dans la voiture et on suit le braquage de l’extérieur grâce à un plan séquence et son travelling. Côté casting les filles sont interprétés par Vanessa Hudgens, Selena Gomez, Ashley Benson et Rachel Korine, épouse du réalisateur. Pour les deux premières, venues des productions Disney, elles saisissent l’occasion de changer complètement de registre mais n’arrive pas pour autant à nous convaincre d’un éventuel talent. Les deux autres ne sont pas beaucoup plus brillantes même s’il faut dire qu’elles n’ont pas grand chose à défendre. Enfin, Alien est joué par James Franco qui nous sort un rôle de composition assez incroyable même si pas forcément génial. On peut quand même souligner que c’est un acteur capable de jouer dans tous les genres avec réussite à chaque fois ou presque. En bref Spring Breakers fait le pari de l’originalité mais perd la partie. Passez votre chemin.

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Amour

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Georges et Anne sont octogénaires, ce sont des gens cultivés, professeurs de musique à la retraite. Leur fille, également musicienne, vit à l’étranger avec sa famille. Un jour, Anne est victime d’une petite attaque cérébrale. Lorsqu’elle sort de l’hôpital et revient chez elle, elle est paralysée d’un côté. L’amour qui unit ce vieux couple va être mis à rude épreuve. – Allociné

Amour est incontestablement un grand succès de ces derniers mois malgré un petit score au box-office. Les critiques l’adulent et les prix tombent en masse. Palme d’Or à Cannes, Oscar du meilleur film étranger et une razzia aux Césars avec les cinq prix majeurs: meilleur film, meilleur scénario, meilleur réalisateur, meilleur acteur et meilleure actrice. Ce succès a entrainé une ressortie en salle et j’en ai donc profité pour aller le voir, comprendre ce qu’il a de tant spécial pour décrocher toutes ces récompenses. En effet j’avais suivi son succès sur la croisette cannoise mais je ne m’étais pas déplacé en salle lors de sa première sortie, de peur de m’ennuyer devant ce film qui n’est pas vraiment d’un style qui m’intéresse en général. Au final, mes préjugés se sont avérés complètement faux et je suis vraiment content de l’avoir vu. Ce long métrage est réellement bouleversant, d’une maitrise incroyable, une très grande réussite. Je comprends maintenant l’engouement qu’il suscite. C’est sur qu’il n’est pas tout public, plutôt destiné aux adultes. Les jeunes s’ennuieront surement à moins d’avoir un minimum de cinéphilie. Je me place dans cette deuxième catégorie de jeune cinéphile et j’ai donc beaucoup apprécié cette œuvre unique en son genre, une leçon de jeu et de mise en scène. Quand le cinéma arrive à capturer la tristesse et la dureté de la fin de vie avec autant de justesse, ça ne vous laisse pas indifférent. On doit ce film à Michael Haneke, déjà palmé à Cannes en 2009 avec Le Ruban Blanc. Il remplit la double casquette de scénariste et de réalisateur et il excelle dans les deux cas. Son scénario est brillant car criant de vérité. Ce couple octogénaire qu’il a créé est touchant et surtout il n’essaye jamais d’en faire trop pour forcer l’empathie des spectateurs. Il a réussi à faire un film de personnages, ici il n’y a pas d’actions ou même de suspens. On connait la fin mais l’évolution des personnages suffit à nous emballer. Sa réalisation vient appuyer cette caractéristique puisqu’il fait tout pour que ces deux personnages soient le centre de notre attention. Beaucoup de plans séquences en plans fixes ou avec très peu de mouvements de caméra, ce sont les personnages qui bougent. Ça donne une spontanéité dans le jeu des acteurs et permet un réalisme bluffant. L’action se déroulant tout le temps dans l’appartement du couple, il renouvelle ses angles de vue pour filmer les différentes pièces sous tous les aspects de sorte à maintenir notre intérêt. Haneke prouve ici qu’un bonne mise en scène n’est pas forcément complexe avec une caméra qui bouge beaucoup mais que la simplicité peut être tout autant efficace. Toujours dans cet esprit, il y a très peu de musique. Dans certains films elle est nécessaire voire même essentielle à la création de l’ambiance mais ici son absence est encore plus parlante. Cette mise en scène peut paraitre simple alors qu’elle est très travaillée et elle rend compte de la direction d’acteurs épatante d’Haneke. Bien sur tout n’est pas parfait puisqu’il y a quelques longueurs dans la deuxième moitié du film mais on lui pardonne tant le reste est brillant. Pour ce qui est des acteurs, ils sont géniaux. Le couple formé par Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva semble tellement vrai à l’écran. Ils livrent tous les deux des prestations remarquables, on ne peut que leur tirer notre chapeau. Emmanuelle Riva a même été nommée à l’Oscar de la meilleur actrice faisant d’elle la nommée la plus âgée de l’histoire dans cette catégorie du haut de ses 86 ans. On peut aussi souligner la réussite de la performance d’Isabelle Huppert qui interprète Eva, la fille de Georges et Anne. Amour est un film bouleversant qui ne vous laissera pas de marbre, un grand film qui mérite amplement toutes ses récompenses. A voir!

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