Monstres Academy

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Même quand il n’était qu’un tout petit monstre, Bob Razowski rêvait déjà de devenir une Terreur. Aujourd’hui, il est enfin en première année à la prestigieuse université Monstres Academy, où sont formées les meilleures Terreurs. Son plan de carrière bien préparé est pourtant menacé par sa rencontre avec James P. Sullivan, dit Sulli, un vrai crack qui a un don naturel pour Terrifier. Aveuglés par leur désir de se prouver l’un à l’autre qu’ils sont imbattables, tous deux finissent par se faire renvoyer de l’université. Pire encore : ils se rendent compte que s’ils veulent que les choses aient une chance de rentrer dans l’ordre, ils vont devoir travailler ensemble, et avec un petit groupe de monstres bizarres et mal assortis… – Allociné

Monstres Academy, dernier né du studio Pixar, est forcément très attendu quand on connait la machine à succès qu’est ce studio. Pour ce nouveau long-métrage, Pixar a décidé d’approfondir le monde qu’ils avaient développé dans l’excellent Monstres et Cie sorti en 2002, pour moi une référence concernant les films d’animation. Pour se faire ils ont décidé pour la première fois de leur histoire de faire un prequel. La raison? L’envie de nous montrer comment Bob et Sulli, les deux héros qu’on a tant aimé il y a plus de 10 ans, se sont rencontrés à l’université. Une idée très intéressante qui donne lieu a un bon « college movie » qui se joue des clichés du genre avec l’humour qu’on connait au studio. Le petit reproche qu’on peut faire à ce scénario est son manque de créativité et de poésie (le rachat du studio par Disney y est peut-être pour quelque chose). En effet on a droit au schéma déjà vu de l’étudiant intello obligé de s’allier  à celui prétentieux et tire-au-flan mais c’est tout de même très bien fait. Après une première moitié qui développe les personnalités de Bob et Sulli, un peu longue à se mettre en route mais réussie, le film s’emballe enfin lorsque nos deux héros sont réunis. Et bien sur, de nombreux personnages secondaires sont présents et attachants. On regrette quand même le manque de poésie, incarné dans le premier opus par le personnage de Boo et qui est ici un peu oublié. A la baguette, Dan Scanlon nous livre une mise en scène efficace en gardant l’esprit du premier film. Les nouveaux monstres sont tous réussis et on assiste à 1h45 de couleurs, de mouvements et de rebondissements.
Même s’il n’est pas à la hauteur de Monstres et CieMonstres Academy reste un très bon divertissement pour petits et grands. Pixar confirme sa place géant de l’animation et son avenir est assuré. Assurez-vous d’arriver à la séance avant le début pour voir le court-métrage Le Parapluie bleu qui prouve que le sens de la poésie n’a pas été perdu par le studio.

Vinsanity

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Pacific Rim

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Surgies des flots, des hordes de créatures monstrueuses venues d’ailleurs, les «Kaiju», ont déclenché une guerre qui a fait des millions de victimes et épuisé les ressources naturelles de l’humanité pendant des années. Pour les combattre, une arme d’un genre nouveau a été
mise au point : de gigantesques robots, les «Jaegers», contrôlés simultanément par deux pilotes qui communiquent par télépathie grâce à une passerelle neuronale baptisée le «courant». Mais même les Jaegers semblent impuissants face aux redoutables Kaiju.
Alors que la défaite paraît inéluctable, les forces armées qui protègent l’humanité n’ont d’autre choix que d’avoir recours à deux héros hors normes : un ancien pilote au bout du rouleau (Charlie Hunnam) et une jeune femme en cours d’entraînement (Rinko Kikuchi) qui font équipe pour manoeuvrer un Jaeger d’apparence obsolète. Ensemble, ils incarnent désormais le dernier rempart de l’humanité contre une apocalypse de plus en plus imminente… – Allociné

Pacific Rim, film très attendu car de Guillermo Del Toro, cinéaste atypique à l’univers unique. Grand fan de monstres et autres créatures fantastiques, le réalisateur d’Hellboy et du Labyrinthe de Pan rend avec son nouveau long métrage un hommage aux films japonais appelé Kaiju ega, film de monstres. D’où le nom des adversaires des Jaegers. De loin son projet le plus coûteux avec un budget de près de 200 millions de dollars, Del Toro avait toutes les cartes en mains pour nous en mettre plein les yeux. En effet, que l’on aime ou pas ce qu’il fait, il faut lui accorder son talent de créativité, sa faculté à imprégner ses oeuvres d’un univers visuel toujours travaillé et hors des sentiers battus.
A l’écriture Del Toro, accompagné de Travis Beacham, ne signe surement pas le meilleur scénario possible, un peu trop simpliste mais rattrapé par des personnages assez intéressant. Mais on ne s’attarde pas là-dessus car l’affrontement Kaiju/Jaegers suffit à nous tenir en haleine.
A la mise en scène, Guillermo Del Toro est fidèle à lui-même. On sent son empreinte avec encore une fois un univers visuel marqué grâce aux décors et au travail sur les lumières. Beaucoup de scènes de nuit éclairées par des couleurs fluos pour un rendu efficace. Les robots et les monstres venus de l’océan sont réussis et les scènes de combats le sont tout autant. Le reproche qu’on peut faire, lié au scénario, c’est le nombre de destructions et d’affrontements peut-être trop nombreux pour pallier au manque d’approfondissement de l’histoire.
Devant la caméra, Charlie Hunnam, héros de la série Sons of Anarchy et vu dans Hooligans, interprète Raleigh Becket, le pilote de Jaegers. Il est accompagné par Rinko Kikuchi (Babel) dans le rôle de la jeune pilote Mako. Un duo qui fonctionne bien. Sous les traits de leur supérieur, on retrouve Idris Elba, impeccable. On a également le plaisir de voir Ron Perlman, interprète d’Hellboy et acteur fétiche de Del Toro. Il joue ici un traficant de « pièces détachées » de Kaiju, un rôle secondaire mais qu’il arrive à faire exister.
Pacific Rim, film au scénario un peu faible mais rattrapé par un visuel impressionnant qui vaut le détour.

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Man of Steel

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Un petit garçon découvre qu’il possède des pouvoirs surnaturels et qu’il n’est pas né sur Terre. Plus tard, il s’engage dans un périple afin de comprendre d’où il vient et pourquoi il a été envoyé sur notre planète. Mais il devra devenir un héros s’il veut sauver le monde de la destruction totale et incarner l’espoir pour toute l’humanité. – Allociné

A l’âge d’or des reboot et suites d’un côté, et des films de superhéros de l’autre, Man of Steel est la réponse de DC Comics à Marvel et représente le stéréotype du blockbuster hollywoodien tant attendu par des millions de fans. De plus ce n’est pas n’importe qui qui se cache derrière ce retour sur grand écran de Superman puisqu’il s’agit de Christopher Nolan. Même s’il a laissé la mise en scène à Zach Snyder pour se contenter de produire et co-écrire l’histoire, c’est quand même lui qui fait renaître Batman avec son excellente trilogie The Dark Knight, autant aimée par le grand public que celui cinéphile. Avec ça en tête, on espère forcément la même réussite avec ce film.
Je ne vais pas y aller par quatre chemins, Man of Steel est pas mal mais loin de mes attentes. La bande annonce, qui laissait entrevoir quelque chose de beaucoup plus fort, ne reflète pas le résultat final. Le scénario est trop bancale pour nous convaincre. On a forcément les passages obligés comme l’enfance difficile de Clark, la découverte de ses pouvoirs par lui-même mais aussi par les autres, sa relation avec la famille Kent qui l’a recueilli et enfin sa quête de compréhension sur qui il est, d’où il vient et qui sont ses vrais parents. Tout ça c’est normal qu’on doivent y passer mais la façon de le faire n’est pas assez forte. On passe alors la première heure à attendre la suite. Heureusement deux nouvelles facettes sont apportées: la scène d’ouverture sur Krypton juste avant sa destruction ainsi que les scènes où l’on suit Clark, avant de devenir Superman essayant de fuir le monde dans des endroits isolés des Etats-Unis, évitant de révélé qui il est. La suite n’est que l’affrontement entre Superman et son ennemi, le général Zod.
A la réalisation, Zach Snyder, metteur en scène de 300 et Watchmen, apporte son style mais ne me convint pas entièrement. Visuellement sa vision de Krypton est plutôt réussie et ses scènes d’actions aussi mais pendant toute la première partie, il hache le rythme de la narration usant de multiples flashbacks. On peut voir toutes les étapes cruciales dans la vie de Clark mais aucune n’est vraiment approfondie. Ensuite l’affrontement contre Zod ne se résume qu’à une avalanche de scènes d’actions, explosions sur explosions. Au final je n’ai à aucun moment ressenti cette sensation viscérale qui vous submerge devant un vrai grand film. Le divertissement est là mais on ne dépasse pas ce stade.
Au casting, Henry Cavill est impeccable sous les traits de Superman. Ultra baraqué et beau gosse, oui mais pas que. Il incarne vraiment son personnage et ce jeune acteur, révélé par la série Les Tudors, va voir sa carrière faire un grand bond. Il est accompagné par Amy Adams qui interprète Loïs Lane et Russell Crowe dans le rôle de Jor-El, père de Superman alias Kal-el, rôle rendu célèbre par Marlon Brando. Le général Zod est assuré par Michael Shannon qui aurait pu donner une toute autre ampleur à ce personnage, dommage. Le casting est complété par Kevin Costner dans le rôle de Jonathan Kent et Laurence Fishburne en Perry White, rédacteur en chef du Daily Planet.
Man of Steel est un bon divertissement mais ne dépasse malheureusement pas les limites des blockbusters formatés comme avait su le faire The Dark Knght. Une petite déception pour ma part mais il ravira surement des millions de spectateurs. Une suite est déjà prévue.

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Only God Forgives

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À Bangkok, Julian, qui a fui la justice américaine, dirige un club de boxe thaïlandaise servant de couverture à son trafic de drogue.
Sa mère, chef d’une vaste organisation criminelle, débarque des États-Unis afin de rapatrier le corps de son fils préféré, Billy : le frère de Julian vient en effet de se faire tuer pour avoir sauvagement massacré une jeune prostituée. Ivre de rage et de vengeance, elle exige de Julian la tête des meurtriers.
Julian devra alors affronter Chang, un étrange policier à la retraite, adulé par les autres flics … – Allociné

Deux ans après la claque Drive, le duo Nicolas Winding Refn-Ryan Gosling revient à nouveau à Cannes pour présenter leur nouvelle collaboration, Only God Forgives. Mon attente était donc très grande quant à ce film tant j’ai aimé leur première rencontre. Winding Refn continue tout droit dans le chemin que sa filmographie trace, là où violence et esthétisme s’entremêlent. Un style unique que le metteur en scène cultive et c’est tant mieux. Même si ce nouveau film est bien, c’est à mon grand regret que je dois avouer que je suis un peu déçu.
Premièrement au niveau du scénario, quand Drive paraissait écrit à la perfection autant au niveau de l’histoire que des personnages principaux comme secondaires, ici on a l’impression qu’il nous manque des éléments pour tout comprendre. Les personnages sont moins bien écrits à commencer par celui de la mère de Julian. On cherche à nous montrer sa dureté en exagérant son autorité par des dialogues qui paraissent surfaits. Même Julian, censé être le personnage fort du film, est trop effacé pour nous embarquer à ses côtés. Seul le policier Chang est plus développé. Le problème est le manque de dialogues et l’image seule ne suffit pas à tout expliquer. On aimerait en savoir plus sur tous ses personnages car l’idée de base de cette histoire a un vrai potentiel.
Ensuite la mise en scène de Winding Refn est moins maîtrisée que dans Drive. Il y a un vrai travail sur l’éclairage qui est d’ailleurs très réussi. L’essentiel du film se passe la nuit ou dans des espaces sombres et le jeu de lumière et de couleur, majoritairement rouge, donne un effet très stylisé. De plus il arrive toujours à sacraliser ses personnages principaux comme il l’avait fait dans Drive bien sur mais aussi dans Valhalla Rising. Le problème vient du fait que même si chaque scène est bien réalisée, l’ensemble manque de fluidité. A trop vouloir esthétiser son long-métrage, le danois en a peut-être oublié le sens de la narration. Même les éruptions de violence, qui se justifiaient d’elles-même dans Drive ne donnent pas cette impression cette fois-ci. L’ensemble dégage donc beaucoup moins de puissance et de viscéralité.
Devant la caméra, Julian est interprété par Ryan Gosling qui retrouve un rôle qui se rapproche de celui du cascadeur/chauffeur avec très peu de paroles. Néanmoins son personnage étant moins fort, la justesse de son jeu frappe moins. Dans Drive il a créé un personnage tellement iconique que la comparaison est dure mais ici sa performance est un peu en-deçà dans un rôle difficile à cerner. La mère tyrannique, en plus d’être mal écrite, n’est pas très bien jouée par Kristin Scott Thomas qui surjoue et ne parait pas crédible. Enfin, la révélation est Vithaya Pansrnigarm dans le rôle de Chang. C’est lui le personnage fort du film.
Only God Forgives est un vrai objet cinématographique, bien mis en forme mais qui est trop inhabité pour pleinement nous embarquer. Même s’il est en-dessous de mes attentes, je salue la volonté de faire un cinéma différent de la part de Nicolas Winding Refn, une volonté nécessaire à l’évolution du 7e art.

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Mud

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Ellis et Neckbone, 14 ans, découvrent lors d’une de leurs escapades quotidiennes, un homme réfugié sur une île au milieu du Mississipi. C’est Mud : un serpent tatoué sur le bras, un flingue et une chemise porte-bonheur. Mud, c’est aussi un homme qui croit en l’amour, une croyance à laquelle Ellis a désespérément besoin de se raccrocher pour tenter d’oublier les tensions quotidiennes entre ses parents. Très vite, Mud met les deux adolescents à contribution pour réparer un bateau qui lui permettra de quitter l’île. Difficile cependant pour les garçons de déceler le vrai du faux dans les paroles de Mud. A-t-il vraiment tué un homme, est-il poursuivi par la justice, par des chasseurs de primes ? Et qui est donc cette fille mystérieuse qui vient de débarquer dans leur petite ville de l’Arkansas ? – Allociné

Le cinéma indépendant américain se porte bien et c’est tant mieux. Mud en est la dernière preuve. Présenté au festival de Cannes en 2012, il n’a malheureusement rien gagné. Je dis malheureusement car ce long métrage m’a beaucoup plu. Sa disette sur la Croisette a entraîné des difficultés pour trouver des distributeurs mais pour notre plaisir, il sort enfin en salle. Il ne fera surement pas beaucoup d’entrées et c’est bien dommage car il vaut largement le détour.
On le doit à Jeff Nichols, jeune cinéaste ultra talentueux mais encore méconnu du grand public. Néanmoins il avait déjà attiré l’attention de la presse internationale avec son précédent film Take Shelter. Il revient donc sur le devant de la scène avec Mud, écrit et réalisé par ses soins.
Son scénario est super intéressant, mêlant récit initiatique, relation père/fils mais aussi relation de couple, le tout à travers le personnage d’Ellis. L’histoire se déroule dans une petite ville près du bayou du Mississippi et l’âpreté de ce décor donne une vraie atmosphère au film. Une âpreté et une dureté dans la vie des personnes qui y vivent qui m’on fait pensé à l’excellent Les Bêtes du Sud Sauvage sorti il y a quelques mois. Pour aborder ses sujets, Ellis est notre guide et ce choix de nous faire vivre les choses avec un garçon de 14 ans amène une innocence et un recul bienvenus. Tous les personnages et les relations qu’ils entretiennent sont très bien écrits, principaux comme secondaires. Un scénario sans fausse note.
A la mise en scène, Jeff Nichols excelle. Une réalisation qui peut paraître simpliste mais qui est en fait très travaillée. L’éclairage est toujours parfait et chaque scène compte. Des plans magnifiques sans tomber dans la contemplation. A trop vouloir esthétiser son oeuvre, le risque est d’oublier ses acteurs et son histoire mais le jeune cinéaste surmonte cet obstacle avec brio et maîtrise complètement tout ce qu’il fait. Le rythme est parfait et on n’a pas qu’une succession de beaux plans mais bel et bien un récit à la fluidité remarquable. Un travail juste et efficace autant dans le scénario que dans la mise en scène qui fait de Jeff Nichols un cinéaste à suivre de près.
Devant sa caméra, Tye Sheridan crève l’écran dans le rôle d’Ellis. A seulement 16 ans, ce jeune acteur a une maturité indéniable pour ce qui est seulement son deuxième film. Son premier n’était autre que The Tree of Life de Terrence Malick, Palme d’Or à Cannes en 2011. Ici, il se glisse dans son rôle parfaitement et porte le film sans la moindre faille. Espérons que sa carrière ne fait que commencer et qu’il ne se perdra pas en route. Il est accompagné par Jacob Lofland dans le rôle de son ami Neckbone. Pour lui, c’est son premier film et il s’en sort très bien. Le troisième membre de ce qu’on peut appeler le trio principal est Matthew McConaughey, parfait dans le rôle de Mud. Un personnage énigmatique et touchant qu’il s’est approprié avec talent. Depuis quelques années, McConaughey fait de meilleurs choix et prouve ainsi qu’il est un acteur complet et pas seulement la belle gueule de comédie plus que moyenne. La relation entre ces trois personnages est le centre du film et est parfaitement mise en avant. On s’attache à eux et on suit l’évolution de leur amitié avec intérêt. Ils sont épaulés par Reese Witherspoon, Sam Shepard et Michael Shannon, l’acteur fétiche de Nichols. Trois comédiens qui sont à la hauteur de leurs compagnons et qui complètent un casting sans faute.
Mud est un excellent film qui révèle un cinéaste de grand talent ainsi qu’un jeune acteur à l’avenir prometteur. A voir absolument!

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Oblivion

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2077 : Jack Harper, en station sur la planète Terre dont toute la population a été évacuée, est en charge de la sécurité et de la réparation des drones. Suite à des décennies de guerre contre une force extra-terrestre terrifiante qui a ravagé la Terre, Jack fait partie d’une gigantesque opération d’extraction des dernières ressources nécessaires à la survie des siens. Sa mission touche à sa fin. Dans à peine deux semaines, il rejoindra le reste des survivants dans une colonie spatiale à des milliers de kilomètres de cette planète dévastée qu’il considère néanmoins comme son chez-lui.

Après La Guerre des Mondes et Minority Report, Tom Cruise revient à la science-fiction avec Oblivion. Un retour dirigé par Joseph Kosinski, un nom qui ne vous dit peut-être rien mais qui a mis en scène Tron:l’héritage pour son premier long-métrage. Pour sa deuxième expérience derrière la caméra, il adapte son roman graphique Oblivion, qu’il a co-écrit avec Arvid Nelson.
Le scénario s’appuie sur les ficelles du film post-apocalyptique, un genre que je trouve intéressant car il permet de créer un monde à la fois futuriste et sans excès. Visuellement on peut jouer sur le contraste entre la beauté et la dureté et il donne la possibilité d’installer une atmosphère forte. Du point de vue de l’histoire ce genre recentre souvent l’intérêt sur les personnages, seuls face à la solitude et à l’immensité de la Terre dévastée. Oblivion se base sur tout ça mais pourtant je n’ai pas réussi à accrocher à ce film. Son point faible: le scénario. Il part sur de bonnes intentions mais se perd au fil du film, manque d’inventivité et en devient trop prédictible. Et surtout il ne fait pas ressentir d’empathie envers ses personnages. On sent que Kosinski est amateur de science-fiction et qu’il pioche dans ses références mais malheureusement il n’arrive pas à faire décoller son œuvre.
A la mise en scène, hormis quelques détails discutables, on encourager son travail. Il a créé un monde intéressant et visuellement très réussi. Le vaisseau de Jack et la maison dans laquelle il vit avec Vika en sont les meilleurs exemples. Les scènes de vol dans les nuages nous emportent et les 40 premières minutes, à défaut de nous convaincre dans son contenu, nous emballent par sa forme. Ensuite l’histoire devient un peu bancale et le film entier avec. Des scènes en intérieur qui sont moins maitrisées et tout se concentre sur Tom Cruise. Soit on est fan de lui et on aime soit l’inverse et trop de Tom Cruise nuit à l’ensemble. Une réalisation à l’image du scénario: inégale.
Devant la caméra, le rôle de Jack Harper est tenu par un Tom Cruise qui fait du Tom Cruise. Une interprétation en pilote automatique qu’on a vu et revu depuis des années. Il est accompagné par Andrea Riseborough qui joue Vika, sa partenaire de mission. Excellente en héroïne de Shadow Dancer, elle change donc complètement de registre avec ce blockbuster. Dans un rôle qui la sert beaucoup moins, on ne retrouve pas la force qu’elle avait dans le drame irlandais. Olga Kurylenko interprète Julia, celle qui déclenchera les doutes de Jack alors que les leaders de la rébellion sont joués par Morgan Freeman et Nikolaj Coster-Waldau (Jamie Lannister dans Game of Thrones).
Oblivion est un film de SF trop moyen surtout destiné aux fans de Tom Cruise. Les autres vous pouvez passer votre chemin.

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Möbius

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Grégory Lioubov, un officier des services secrets russes est envoyé à Monaco afin de surveiller les agissements d’un puissant homme d’affaires. Dans le cadre de cette mission, son équipe recrute Alice, une surdouée de la finance. Soupçonnant sa trahison, Grégory va rompre la règle d’or et entrer en contact avec Alice, son agent infiltré. Naît entre eux une passion impossible qui va inexorablement précipiter leur chute. – Allociné

Möbius marque le retour attendu de Jean Dujardin après le triomphe dans The Artist pour lequel il a obtenu des prix à la pelle dont le plus convoité l’Oscar du meilleur acteur. Il y a bien eu Les Infidèles en février 2012 mais ça ne compte pas vraiment puisqu’il avait été tourné avant l’obtention de la fameuse statuette. Il fait son retour dans ce film assez spécial puisqu’au style singulier: une histoire d’amour sur fond d’espionnage. Sur le papier c’est intéressant, on comprend qu’une relation amoureuse puisse déranger une mission d’un service secret. Néanmoins je n’ai pas réussi à accrocher car en fait dans ce cas c’est plus le côté espion qui vient déranger l’histoire d’amour. Le scénario est écrit par Eric Rochant qu’il a lui même mis en scène. Il a donc fait le choix de mettre en avant ce couple au dépend de l’histoire au sens général. Cependant il y a quand même des idées à prendre dans l’écriture de cette relation puisque les deux personnages sont clairement attirés l’un envers l’autre mais ils ne connaissent pas le double jeu que joue chacun. Malheureusement cette concentration trop importante sur Grégory et Alice nous fait perdre le reste. C’est aussi du à la mise en scène de Rochant qui est certes réussi sur le plan esthétique mais qui sacralise trop cette histoire d’amour. Ça donne lieu à des scènes intimes qui deviennent par moment un peu ridicules. Le rythme est trop monotone pour nous embarquer et du coup on suit le film sans vraiment s’y intéresser comme on devrait. Le côté espionnage passe donc à la trappe pour nous spectateurs alors qu’il aurait pu être beaucoup mieux exploité. Et lorsque le film d’amour vient enfin s’entrelacer avec le film d’espionnage après presque une heure, on espère que ça va décoller, qu’on aura droit à du suspens mais non. Le long métrage garde son rythme et nous perd pour de bon. En fait j’ai eu l’impression de ne pas voir le film que je voulais. C’est comme si on me forçait à voir une film romantique mais que j’attendais la partie thriller encore et encore pour finalement ne jamais la voir réellement. Résultat: l’histoire amoureuse ne m’accroche pas et quand le peu de CIA et services secrets russes sont là, c’est trop tard j’ai déjà lâché l’affaire. Au final oui c’est bien filmé mais on s’ennuie un peu. Côté acteur, Jean Dujardin interprète Grégory Lioubov. Je l’aime bien, il fait le job mais je ne pense pas que ce genre de rôle soit fait pour lui. Certains acteurs arrivent à faire passer des émotions et à faire ressentir le caractère de leur personnage dans le minimalisme, sans parler comme par exemple Ryan Gosling dans Drive. Dujardin le fait aussi mais avec moins d’impact. On ne ressent pas assez le mystère de son personnage et la tourmente qui l’entoure. Une prestation qui reste tout de même de bonne facture pour son retour. Alice, la deuxième moitié du couple, est jouée par Cécile de France que l’on a vu dans Au-delà de Clint Eastwood ou encore Mesrine de Jean-François Richet. Elle est un peu dans le même cas que son partenaire. Dans les scènes avec Rostovski, sujet de l’enquête, on ne sent pas assez qu’elle se met en danger pour se rapprocher de lui. L’interprétation aurait pu être poussée plus loin même si ça vient aussi du scénario qui n’est pas assez abouti de ce point de vue. Rostovski est interprété par Tim Roth, acteur connu pour ses rôles dans les excellents Reservoir Dogs et Pulp Fiction de Quentin Tarantino. Ici il livre une prestation correcte dans un second rôle. En bref Möbius est un film qui manque surtout d’équilibre et de profondeur dans son scénario pour nous emballer, une déception.

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